Viva España !

Whaouuuhhhh !!! J-2 avant une nouvelle grande aventure…

Ah oui, c’est vrai, je ne vous ai pas dit ;-P on part faire un road trip en Espagne !!!!
Notre 2e grand voyage en famille après un tour de la Bretagne que nous avions effectué en camping car de location il y a 2 ans.
L’aventure ne nous avait que moyennement emballé avouons le, contraints par la logistique infernale que représente un tel engin…
Tentative plus light donc, que nous avons (un tout petit peu) préparé au fil des semaines !
Mais… un rapide flashback après cette absence ici sur notre blog… pas que je n’aie rien eu à y raconter bien au contraire, hein !
Après 2 ans de tentatives de jonglage forcené entre entreprenariat et vie de maman, nous (j’ai pris) un virage décisif et à 90° comme d’habitude, en choisissant de me consacrer entièrement à l’option famille. Ce qui signifiait pour moi voir nos enfants grandir, mieux les accompagner au quotidien et suivre tout droit le chemin que nous avions initié il y a quelques années déjà en plongeant dans notre vie de parents, en mangeant mieux et en vivant plus doucement… Et par conséquent s’affranchir aussi de l’entrave que représentait l’école !

Pour expliquer cela autrement : j’avais 2 superbes enfants que je voyais grandir sans trop savoir comment me positionner, tiraillée sans arrêt entre l’envie (le besoin) de réaliser un rêve professionnel de longue date, et un autre truc sorti de mes tripes qui me hurlait de prendre du temps, pour ma famille. J’étais aussi devenue (de mon plein gré), responsable des parents d’élèves d’une école menée par une folle. De quoi avoir un aperçu des plus noirs de l’éducation Nationale, en mettant le bout de mon nez dans ses arcanes qui ont fini de me dégouter du système scolaire à la française.

Plein de sentiments mêlés dans mon petit crâne, des envies fortes de les partager, les faire comprendre, mais pas une seconde à moi. Et surtout une situation inextricable et épanouissante pour aucun de nous…

Le coup de gueule de la bloggeuse Maman Débordée qui m’avait fait sourire il y a déjà près d’un an fait bien écho à ce qui fait l’essence même de mes écrits ici…

Bref, nous avons sauté à pieds joints ! Et notre tour de Bretagne en septembre 2016 marquait notre 1ère non-rentrée et le début de l’aventure de l’instruction en famille.

Une année riche en rencontres, apprentissages informels et retour d’un rythme plus physiologique pour tout le monde ! Pour les filles, j’ai mis volontairement le paquet sur la sociabilisation ; nous n’avons jamais autant côtoyé de personnes que depuis l’école ‘à la maison’.
D’école il n’y a eu que peu de formel voire pas, de maison pas tant que ça non plus !
Et puis, au milieu d’une recherche un peu cahotique et précoce d’un rythme de croisière, une 3e petite fille a rapidement pointé le bout de son nez l’année suivante 🙂
Et avec elle le besoin de reconstruire notre nid encore un peu plus au vert.
Installés depuis près d’1 an déjà dans la campagne nantaise, nous avons aujourd’hui enfin trouvé, je crois, notre rythme!
Instagram (là, en bas a droite) m’a heureusement permis de continuer le fil de ces aventures du quotidien grâce à l’image, qui me semblait moins chronophage…
Mais maintenant, je sais que je ne serai plus seule pour raconter nos aventures, nos explorations ! Les filles ont bien grandi et nous profitons de cette liberté que nous considérons toujours comme un luxe que nous nous offrons. Rien n’est gratuit ! Mais je peux dire avec certitude qu’elles sont, je pense, des petites filles épanouies, sociables, confiantes et qui savent exprimer leurs besoin et leurs sentiments.
Ce nouveau voyage est donc en quelques sortes le point de départ d’une nouvelle étape… Peut être aussi le dernier itinéraire que nous ferons tous ensemble loin de la maison, nos deux compagnons de route poilus n’étant plus très jeunes… chacune ayant des milliers de km dans les coussinets !
Un défi aussi pour Papa qui est son propre patron depuis 5 ans déjà ; prendre un peu de distance pour exercer à un rythme plus doux pendant cette période de pause exceptionnelle, tester un rythme en pointillé pour valider sa pertinence et peut être renouveler l’expérience de vadrouiller de temps en temps plus sereinement…
Notre objectif secret ? Fêter nos 10 ans de mariage aux États Unis, sur les traces de notre voyage de noces… durant 3 mois, sur les routes d’Est en Ouest.
En route !

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Ma si chère Petite Madeleine de Proust !

Qui dit Noël, dit marché de Noël, et thé aux épices. C’est juste obligatoire… Mais dangereux ! Là, comme ça sans prévenir, en passant dans ma cuisine, je viens de me faire attaquer par une odeur persistante issue d’un fond d’infusion de thé abandonné dans l’évier.
Pourquoi l’éveil des sens fait-il ressurgir si brutalement certains souvenirs ? Les petites madeleines, ça ne prévient pas !

Ça n’est pas la première fois, et pourtant à chaque fois je me fais avoir : une de mes petites madeleines à moi, c’est le gingembre. Il me transporte invariablement tout droit vers le passé, plus exactement en février 2012 !

Cela semble tortueux comme résonnement de la part d’un cerveau, mais à l’époque nous étions invités en Inde, à l’occasion du mariage traditionnel d’une amie dans le nord du Rajasthan… Alors ce premier voyage en terre inconnue m’a laissé une double trace, tout à fait INDÉLÉBILE.

L’Inde en soit, c’est déjà bien plus qu’un voyage, à tout point de vue. Un vrai coup de poing dans le ventre à vous couper le souffle, pour ceux à qui cette découverte parle… Des coutumes du quotidien qui ne ressemblent à aucune de celles de notre monde aseptisé et moderne, des croyances que nous ne pouvons décemment pas tout à fait comprendre, mais aussi des couleurs, des odeurs qu’une mémoire olfactive et visuelle ne peut jamais jamais jamais ja-mais oublier. Et bien sûr un sentiment tout emmêlé de fascination, de rage, d’incompréhension et de tristesse…

Évidemment, comme c’était encore trop banal, le hasard s’est mêlé de ce périple si différent, puisque quelques heures avant notre départ de Paris nous apprenions la bonne nouvelle, mon mari et moi. Mi-amusés, mi-inquiets, nous regardions les 2 barres d’un test de grossesse attestant qu’un petit têtard grandissait au fond de mon ventre, alors que l’on apercevait encore dans le creux de mon bras la trace de piqûre des rappels de vaccins réglementaires et indispensables à une immersion en terre inconnue et biologiquement hostile à nos pauvres petits corps d’européens affaiblis.

« Hum, sympa c’est malin ! Qu’est-ce qu’on fait ? On y va quand même ? » Un peu hébétés, il nous a fallu un 2ème test de grossesse acheté dans une pharmacie de l’aéroport de Roissy et sa mise en pratique dans notre chambre d’hôtel à Delhi pour prendre vraiment la mesure de cette nouvelle étape de vie qui s’imposait, dans un décor plutôt inattendu…

Alors pendant 15 jours, nous avons vécu l’Inde comme nous ne l’aurions jamais vécu sans ce tout petit détail (enfin, surtout moi), avec un multiplicateur de sensations et d’émotions !

Mon nez ne s’en est toujours pas remis, la preuve… et la nausée qui m’habitait alors quotidiennement ne sait toujours pas si elle prenait son origine dans mes découvertes extérieures ou intérieures. Tous les jours de ce néanmoins superbe voyage, je construisais un bouclier autour du petit fœtus que j’abritais, et je nourrissais une haine féroce contre ce pays qui m’agressait de sensations beaucoup trop brutales pour moi. Le comble : j’étais en excellente forme et invincible à toute intrusion microbienne, pendant que monsieur vivait à mes côtés une réinitialisation totale de sa flore intestinale…

Alors pendant que nous parcourions le Triangle d’Or, j’ai passé mon temps à guetter des valeurs culinaires sûres sur le bord des routes (Pizza Hut, Mc Donald’s ou autre temples de la malbouffe pour ne pas les citer) pour étancher ma faim et compenser mon incapacité à ingérer le moindre plat local, le tout dans l’incompréhension totale de notre groupe d’amis qui me prenait pour une emmerdeuse gloutonne, il faut le dire. C’est bien la première et la dernière fois que j’ai faisais un caprice pour exiger une margarita à l’autre bout du monde…

 

Les odeurs perçues par la maman peuvent-elles influencer le bagage olfactif d’un futur humain à l’état embryonnaire ? Je n’en sais strictement rien ; mais j’ai hâte de le découvrir avec celle que je vois maintenant grandir chaque jour à mes côtés et que j’ai sans le savoir si justement nommée…

Merci à Nadoo pour la découverte de ce thé de Noël, grâce à toi, je replonge dans de si doux souvenirs 🙂


 

Pour aller plus loin :

La génèse du passage de la Petite Madeleine chez Marcel Proust (d’abord pain grillé, puis biscotte)

Du côté de chez Swann

 

 

 

Le beau château est tout cassé

Depuis 1 semaine déjà, les cloches ne rythment plus nos journées…
Le toit le plus sacré de notre cher quartier n’est plus.
D’où que nous soyons, nous apercevons tous les jours les poutrelles carbonisées et béantes de la Basilique de St Donatien.

StDonatien_incendiejuin152015Comme un coup du sort, cela faisait plusieurs semaines que je promettais à la grande en rentrant de la crèche que nous allions bientôt prendre le temps de gravir les marches du porche et passer la belle porte rouge pour visiter l’intérieur de ce beau « château ». Bientôt, quand nous n’aurions pas la grosse poussette de petite soeur, et pas les toutous.

Pas que nous soyons des paroissiens nantais modèles, ni même des pratiquants ! Nous sommes mêmes totalement athées. Mais le monument fait bel et bien partie de notre quotidien, nous tournons autour, et surtout, nous l’écoutions du matin au soir sonner les heures, et les quart d’heures…

Depuis 7 jours, une pâle cloche de secours a pris le relai. Elle se fait toute discrète, comme si elle se sentait gênée de devoir remplacer sa titulaire, sans doute mise au repos par sécurité, ou abîmée par l’épreuve du feu. Les cadrans des tours ne sont plus synchros, et les passants lèvent la tête, consternés par l’ampleur des dégâts.

 

Pourvu que la belle ne s’enrhume pas…

Doudou, un conte au grand air

Pour notre première excursion à la bibliothèque, nous avons eu la main heureuse ! Quelle belle découverte visuelle.

Un univers qui en seulement quelques doubles pages nous transporte dans les plaines britanniques. Une petite troupe lâchée dans la nature, des enfants, un chien bien sûr. Des petits bonheurs simples !

Doudou_RuthBrown_LaPetiteMeutedeLili

Des silhouettes tout en mouvement, croquées à l’aquarelle avec une précision et un réalisme magnifique. Il n’y a qu’à se plonger dans les planches pour entendre la petite fille pleurnicher et baver, les herbes hautes siffler, et pour sentir l’odeur du chien mouillé et de la bouse de vache. Les tenues sont un clin d’oeil à une époque lointaine et douteuse de nos adolescences en mode camouflage. Doux souvenirs !

Aller, je me permets un gros plan sur la gueule du compagnon d’aventure… Avec son air un peu triste et l’œil rivé sur ses petits maîtres, mi-blasé mi-inquiet, il a tout d’un vrai.

 Doudou_RuthBrown_chienA seulement 2 ans (« et demie, maman! »), c’est un des coups de cœur de l’aînée pour les temps calmes et la rêverie !

> Lire « Doudou » maintenant

Une sortie musclée

Ce dimanche après-midi, nous ne sommes pas passés inaperçus au bord de l’Erdre ! Notre défi du jour, faire une sortie en vélo, tous ensemble ! Premier test en situation réelle du siège bébé à l’avant pour mini-pouce, et du chargement des 2 chiens en même temps dans une des remorques Ma Petite Meute.

Bon, il ne manquait plus que le chat… mais là, je l’accorde, c’était un peu trop.

Malgré les zigzags, la remorque est d’une stabilité à toute épreuve. Mais la souplesse du textile n’empêche pas le gros fessier pataud de la golden de frotter contre la roue. Un peu chaud aux fesses ? Moi aussi ! Sans notre homme-papa-équilibriste-costaud-et-super-patient pour me donner un gros coup de pouce dans les montées, je n’aurais JAMAIS pu remonter avec mes 3 furies jusqu’à la maison (poids total, 60kg…). Et ce n’est pas mon bon vieux VTT et ses 18 vitesses qui m’auraient contredite.

SortieVeloRemorque_lapetitemeutedeliliJe ne vais pas ressasser mes fameux griefs contre l’accessibilité, mais les chicanes, tout le long des chemins, je n’aime pas ça non plus ! Pour faire ralentir les vélos trop pressés, c’est certainement efficace… mais pour bloquer une caravane, c’est garanti ! La largeur n’est pas un problème. Mais faire un angle droit, impossible à moins de renverser le vélo à coup sûr.

Moi qui n’avais pas fait de vélo depuis un petit moment, j’ai pu pratiquer avec joie la position cowboy… un régal pour les cuisses ce matin !

Notre petite bibliothèque de meute

Parce qu’essayer de travailler à la maison, en ces périodes de week-end prolongés en panne de crèches, cela ressemble un peu à ça :LaPetiteMeutedeLili_weekend_mai2015

Je ne m’acharnerai pas coûte que coûte à jouer les entrepreneurs. Ok ok… Vous avez gagné ^^

Au lieu de cela, nous en profitons pour inaugurer notre nouvelle bibliothèque DIY en lit de poupée, installée et déjà remplie à craquer de petits et gros livres, achetés, chinés ou empruntés !

Mine de rien, j’ai déjà accumulé une petite pile de trésors que je tenais à présenter à mes 4 p’tits yeux avides d’images et de récits. Mais je n’avais pas encore trouvé la méthode de rangement adéquate pour leur permettre de visualiser les couvertures du premier coup d’oeil, tout en n’ayant pas à escalader les étagères de notre propre bibliothèque. C’est maintenant chose faite nous avons notre petit bac à 360°, et plus d’excuses pour ne pas ranger ! YAPLUKA lire, ou relire !

P1200912

L’occasion de passer quelques bons moments au chaud, tout en écoutant la pluie tomber, tomber, tomber à n’en plus finir… Déformation professionnelle oblige, nous présenterons au fil de l’eau nos coups de coeurs jeunesse, avec un peu ou beaucoup de chien(s) à l’intérieur.

A SUIVRE…

 

Pas de zoo sur le réseau

Avec ce slogan… le ton est donné ! Il n’est pas dans mon habitude et encore moins dans l’esprit de Ma Petite Meute de sortir de l’impartialité, mais il y a des exceptions à tout ! En mettant à jour la rubrique TRANSPORTS du guide collaboratif, je m’attarde ce week-end sur les conditions précises d’accès aux infrastructures de la TAN (pour les non autochtones, il s’agit du service public des transports en commun de l’agglomération nantaise).

Cette semaine, une cliente me sollicitait en urgence pour la location d’une remorque vélo pour son chien âgé devant effectuer le lendemain même une opération lourde. Elle allait en effet parcourir plus de 200km afin d’hospitaliser son toutou totalement paralysé par une hernie discale importante, afin de lui faire subir une opération de la dernière chance. N’ayant pas la possibilité de stationner son camping-car sur le parking de la clinique, elle cherchait une solution pour acheminer son chien immobilisé à bon port…

La remorque vélo dans sa version poussette lui semblait instinctivement la solution la plus simple et souple, pour parcourir en tramway avec lui la distance nécessaire. Quelle ne fut pas sa surprise quand, sur mes conseils, elle contactait la TAN par téléphone en lui expliquant sa situation. La réponse était sans appel :

« Nous n’acceptons pas les remorques pour chiens dans le bus et le tramway. D’ailleurs nous n’avons qu’une tolérance pour les poussettes enfants »

Nous même nous étions fait littéralement jeter au haut-parleur en tentant de rentrer à l’arrière d’un tramway, un soir de très faible affluence et sous une pluie battante…

 

Cette hypocrisie a le don de me faire sortir de mes gonds ! La politique actuelle des transports en commun vire au racisme… Avec un titre que je trouve plus que choquant « PAS DE ZOO SUR LE RESEAU » l’agglomération ne prend pas la voie de l’ouverture, loin de là. Alors que certaines municipalités font le test d’une accessibilité étendue en comptant sur la responsabilité du voyageur, avec ses beaux discours sur l’accessibilité et les déplacements dits ‘doux’, l’équipe politique ne va pas jusqu’au bout de ses idées…

Bouger avec des enfants est parfois déjà limite en transports (nos élus n’ont d’ailleurs sans doute jamais fait la sympathique expérience de prendre les transports avec une poussette qui manque de se renverser au choix à chaque freinage du conducteur de bus, ou au moment de la soulever pour gravir les marches des anciens tramway toujours en circulation), alors avec ses plus fidèles compagnons… n’en parlons pas.

signaletique bus tan nantes

Par contre, dès qu’on parle cycles, toutes les portes s’ouvrent comme par magie ! « Le vélo prend le tramway » scande la TAN. Le champ lexical est tout l’opposé du précédent ! Bah voyons : très utile et logique, le vélo dans un tramway… Soit. Cela n’excuse pas un minimum de respect. Le ‘zoo’ ?? Mais pour qui se prend-on ? On le sait, l’animal n’a jamais été autant aimé et pourtant si décrié, il fait partie des vrais nuisances au même titre que la cigarette. Qu’à cela ne tienne….

Les propriétaires de chiens sont pourtant pour leur TRES GRANDE majorité des citoyens responsables et très soucieux de leur environnement – oui oui, punks à chiens inclus. Ils ne laissent pas traîner leurs déchets, et ne fument pas. Ils ont soif de mobilité autant que les autres, et ils savent mieux que quiconque se faire tous petits.

Alors MERDE, stop à l’extrémisme, et VIVENT LES CHIENS !

 

 

 

L’hiver est dernière nous, mes amies !

Par ce dimanche matin brumeux et humide, je suis tirée du lit par de petits coups de truffes insistants, puis le cliquetis pressant de 8 pattes sur le parquet.

P1150190D’un pas feutré pour ne pas réveiller les humains qui sommeillent encore, je traverse la maison et nous passons devant un chat orange et rayé qui n’a pas encore émergé dans le fond de son canapé. Je libère toute la meute dans le jardin pour le premier pipi du matin, truffes en avant et oreilles en arrière pour capturer toutes les sensations encore vierges de cette nouvelle journée qui commence… Arrfff, oui zut, c’est vrai : une petite heure de perdue et grignotée à notre journée qui file déjà si vite.

Depuis leurs paniers qu’elles ont déjà rejoint pendant que je m’affaire dans la cuisine, elles acceptent en silence du coin de l’œil et sans (presque) jamais se plaindre, et l’ennui certain d’une trop grande inactivité… Chacune à leur façon, chacune l’exprimant différemment par son regard. Inlassablement, remplies d’un espoir toujours renouvelé elles me sollicitent, me questionnent et parfois m’ordonnent. Quand t’occupes-tu de nous ? Quand pouvons-nous jouer avec toi et te montrer notre amitié inconditionnelle ?

On tient le coup, un peu, encore un peu. Si si promis, je vais sortir la tête de l’eau… Je n’ai jamais été aussi près de l’accoucher, ce troisième bébé couvé parfois dans la douleur, mais que vous m’avez si naturellement inspiré et aidé à concrétiser !

Alors, parce que je ne vous rends pas assez hommage et encore moins du fond de cet ‘hiver’ qui n’en finissait plus, je vous demande PARDON mes amies, mes fidèles compagnons de route et de patience.

Vaïna, depuis 10 très belles années déjà m’a accompagnée dans la plus riche tranche de ma vie et aura tout vécu avec moi ou presque : le deuil inconsolable d’abord puis l’amour, le grand, le vrai. Puis une nouvelle copine de jeu, Carven

P1160111Et ensemble : les déménagements, la famille, l’absence, les travaux, l’union, les vacances bien sûr, la nature, la ville, les amis…. puis la présence, la naissance, l’inspiration, la création ! Puis de nouveau la naissance…. et toujours ma présence quotidienne, désormais banalisée, qui a au contraire beaucoup réduit notre activité à toutes les 3.

 

Ne changez pas ! Je vous en prie gardez toujours foi en moi comme je vous garde au fond de mon cœur et de mon esprit… si profond que j’en oublie parfois de vous consacrer un peu plus de temps. Vos regards, votre douce odeur chaude et bien à vous, vos jolis petits bruits de griffes traînées nonchalamment sur le sol. Votre façon bien singulière de faire votre nid, sur tout ce qui passe ou au contraire en faisant plein de chichis, vos petits et gros bobos, et tout ce qui fait votre présence bien palpable parfois, dans le pas d’une porte, sur un pied, une cuisse, autour du pied d’une chaise.

Puissiez-vous encore rester à mes côtés le plus longtemps possible…

Avoir une petite meute c’est…

« Mais pourquoi t’infliges-tu ça ?? » me demande à chaque fois mon cher et tendre, qui cherche toujours à comprendre comment j’ai réussi à l’embarquer dans cette galère…

Parce qu’avoir une petite meute c’est donc, dans l’ordre qui vous plaira :

  • Citer systématiquement 3 noms avant de trouver le bon, lorsqu’on appelle un des siens, indépendamment enfant, époux ou animal,
  • Avoir une maison qui flotte allégrement dans une douce poussière de poils et de jouets mal rangés, des mini humains qui jouent au trampoline sur des paniers de chiens qui jonchent habilement et alternativement toutes les surfaces libres au sol, et des poilus qui gagnent subtilement du terrain sur les zones jalousement protégées.
  • Se laver les dents tout en épluchant quelques légumes à midi, tout en accordant un jouant avec les poilus qui attendent aussi leur petit moment de complicité (si si, ça se fait)
  • Ne jamais avoir besoin de nettoyer sous la table du salon les bouts de nourriture qui tombent (enfin un peu quand même, parce que la bave, ça fait des taches…)
  • Accepter d’être un véritable aimant à enfants ET à mamies dans la rue à coups de ‘hoooo que c’est miiignonnnn’
  • Donner parfois à manger aux bêtes à presque minuit, parce qu’on n’a pas eu le temps plut tôt…
  • Ne plus chercher à comprendre par quel coup du sort on a parcouru en presque 1 heure le trajet de la crèche à la maison (un peu moins de 400 mètres) parce que la petite princesse est constipée et épuisée
  • etc, etc.
  • Aimer les défis ! Surtout quand tout ce petit monde commence à tourner en rond, et qu’il faut prendre son courage à deux mains pour sortir prendre un graaaand bol d’AIR FRAIS !!!!!!!!

En effet, parvenir à préparer tout le monde, sortir de la maison jusqu’à la voiture est déjà un exploit en soi. Et puisque depuis mon récit de La Chèvre, le Chou et Loup…  le box tant critiqué nous a été gentiment soutiré, ce n’est plus à 30 mètres mais à presque 100 mètres, avec un peu de chance, que la voiture nous attend, là où nous aurons eu la possibilité de la garer dans la rue la dernière fois….

Il faut l’avouer, s’imposer tout cela relève souvent du coup de tête. Une fois la rue traversée avec cette petite meute mi-surexcitée, mi-réfractaire, pour la charger en voiture au bord d’une circulation intense (et là encore dans une poétique envolée de poils à travers l’habitacle), je ne sais en général toujours pas à ce moment précis en quelle direction et jusqu’où je vais rouler, ni quel poumon vert j’élirai pour nos ébats meutesques… Un sale moment à passer, le temps s’arrête et une bouffée d’angoisse me traverse à chaque fois.

 

Toujours est-il que ma lecture de ce mercredi matin m’a cette fois inspirée (technique perfectionnée de lecture en diagonale bien entendu, rare moment volé en 3 secondes et demie dans les toilettes) : il fallait que je constate illico  l’existence du nouveau pont du Cens, dont parlait en pleine page le journal de la métropole. Et bien sûr, avec ma joyeuse bande à l’appui, pour que je vois si réellement je pouvais toute seule comme une grande passer ce fichu obstacle.

On parle souvent d’accessibilité en ville, de bateaux de trottoirs, de rampes de bus… On pense beaucoup moins à toutes les embûches qui peuvent faire vivre un cauchemar à une maman en besoin urgent de s’aérer avec une poussette, une fillette et 2 chiens de traineau ! A pied, impossible de descendre du côté souhaité sur les rives de l’Erdre : partout des escaliers ! Même si une alternative s’offre toujours à moi

  • entamer une marche arrière sportive avec ma poussette tout-terrain, au risque de faire basculer son précieux chargement à chaque secousse

OU bien

  • m’engager à corps perdu sur la pente étroite et glissante que les passages répétés des vélos ont formé juste à côté avec le temps…

Dans les 2 cas je serai tractée par 2 chiens en furie attirés par l’odeur d’un ragondin ou d’un caca à proximité, ou encore mieux, les deux en même temps. Alors comme je ne suis pas (encore) suicidaire, je choisis égoïstement d’enfreindre les lois du déplacement ‘doux’, et opte pour la bonne vieille voiture qui pollue !

Et je me gare au plus près de notre ballade. En l’occurrence ce mercredi, la promenade du Petit Port. Bien sûr, j’entame les premiers mètres déjà vidée de toute énergie puisque le parking de la piscine est déjà envahi par les étudiants de la fac et qu’il faut faire la manip précédente en sens inverse pour attacher / détacher les uns et les autres sans s’emmêler les pinceaux.

Puis, enfin persuadée d’une sécurité toute relative, je lâche toute la meute qui s’ébat dans tous les sens. A ce moment précis je donnerais tout pour avoir la vision à 360° d’une chouette… Bref, 10 rencontres de chiens et quelques gérémiades plus loin (forcément, l’aînée ayant refusé de faire sa sieste, elle n’est déjà plus en état de feindre la bonne humeur), nous voilà devant ce fameux pont qu’il y a encore quelques mois je n’essayais même pas de franchir, tellement il représentait une barrière. Un bois plus qu’imbibé d’eau, une pente munie de rampes soi-disant anti-dérapantes, et l’autre faite de marches… un véritable non-sens !!!

Pour ceux qui connaissent le ponton de Port Boyer situé juste en face sur la rive opposée… même combat. La passerelle de la ménagerie du Jardin des Plantes parlera davantage à d’autres, dans le même esprit acrobatique et impraticable.

Alors ooh bonne surprise ! Le pont est en effet flambant neuf, bien plus large (pratique pour laisser passer ou croiser piétons, vélos ou poussettes… et un double accès permet de descendre soit en escalier, soit à l’aide d’une rampe. Avec un peu de temps et de patine, ce sera superbement intégré au paysage ! Preuve en images…

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Pont kids & dogs approuved !

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BREF, je m’égare. Je râle, je râle, de tout ce petit monde à gérer, mais je n’y changerais rien. Et puis, on oublie vite pour ne retenir que les beaux souvenirs de cette jolie promenade ponctuée de rappels à gorge déployée, de tours de toboggan sans fin et de crises de larmes à s’en rouler par terre… En fait on n’oublie pas mais on laisse filer.

Car j’ai oublié une boulette dans ma liste plus haut : avoir une petite meute c’est avant tout et surtout ENORMEMENT d’amour, conjugué à l’in-con-di-tion-nel. Pour rien au monde on ne troquerait ce joyeux bazar contre un peu de tranquillité, pas vrai ?