5h27

Notes à moi-même d’une main pour essayer de vider un peu ma tête qui va exploser pendant mon insomnie matinale devenue habituelle apres plusieurs têtées trop rapprochées ..

– préparer et charger dans le camion à bout de bras notre chariot de Forest school hebdomadaire avec pique-nique, affaires de rechange et activités du jour pour nos Elfes (et Fées) Sauvages 🥗🍅🍄

– acheter les croquettes du Chat🐱

– nettoyer le bac de compost oublié dans le potager au fond du terrain et les dernières tomates 🌱🍅

– organiser un petit déjeuner correct (mais certes panoramique !^^) malgré l’arrivée surprise des maçons en pleine trouée du mur porteur de notre salle à manger côté pré

– préparer les séances d’apprentissages formelles du week-end en maths et lecture sous forme de jeux et matériel 📚

– penser à ne pas habiller trop vite bébé ce matin car pas croisé de selles depuis 2 jours, lesquelles vont forcément arriver à point nommé 💩

– passer à la recyclerie pour quelques ustensiles de cuisine et boîtes de rangement

– vérifier l’abreuvoir des moutons en pleine période de rut cette semaine et donc un peu sur les dents 🐏

– démarrer la lessive, j’ai oublié d’appuyer sur le bouton hier soir on dirait… 🧦

– modifier sur mon agenda toutes mes dates de permanence à la bibliothèque suite à la réunion de bénévoles de la veille 📖

– organiser notre petite excursion à Vulcania, prétexte à peine masqué pour aller faire la bise à mes 2 copines IEF correziennes 😘

– penser à décongeler juste ce qu’il faut et reconditionner en pots en verre un bloc de viande pour les toutous, en écoutant leurs estomacs commencer à gargouiller 🐶🐶🐶

– fouiller dans la grange pour dégoter une baguette de moulure pour faire la finition de la maison playmobil qui stagne dans l’atelier depuis 3 semaines

– trouver 1h dans la semaine pour passer un temps privilégié avec l’aînée sans ses petites soeurs et combler un très (trop) grand manque de câlins 👩‍👧‍👧

– finir de remanier avec la prof tous les groupes d’éveil musical après une rentrée plus qu’attendue par tous les copains, et entendre encore le rire de mes 3 têtes blondes réunies pendant cette cuisine musicale et sensorielle de fruits d’automne 🎶🦔🐿🦊

[liste non exhaustive, j’en ai déjà laissé échapper au moins la moitié en écrivant celles-ci]

Avoir 5 bonnes heures de sommeil quotidien à rattraper, et avoir un coup de barre certain vers 9h40 en plein rush du départ… mais ne pas savoir comment en faire moins ni autrement car tout est pur bonheur…. ça n’a pas de prix !

A tous ceux qui ne comprennent pas forcément nos choix ou ne visualisent tout simplement mes journées… ce n’est pas toujours simple de tenir le cap ni de ne pas ressentir mille frustrations… mais avoir le luxe de voir ma grande famille, ma belle meute heureuse et vivante… Qu’à cela ne tienne : je n’échange ma place pour rien au monde !

…….mais punaise, qu’est ce que j’ai faim et soif 😜 allez debout !

Publicités

Cap vers le soleil ! Espagne, 2eme partie

Après la campagne, la montagne, besoin de foncer vers le soleil…

Et comme par magie nous arrivons en fin d’après-midi à Séville sous une douce chaleur… Y a-t-il tellement un micro-climat ?

La ville est agréable même si elle nous donne un bon aperçu du sang chaud des andalous qui se klaxonnent à tout va…

Après une pause goûter dans le centre historique et un sublime renversé de boule de glace de Joanne devant le glacier, c’est donc sur la Costa de la Luz que nous nous dirigeons tout droit et le plus vite possible pour voir enfin la mer.

C’est l’avant saison et tout est vide et en réparation… certains commerces sont même sur le point de fermer pour des petites vacances avant le pic d’affluence des touristes. Les voiries sont très sales et l’ensemble de l’immobilier est mal entretenu.

Petite anecdote culinaire ; nous nous arrêtons pour des tapas, prêts à nous laisser guider par la carte… heureusement pour nous, le resto liquide ses stocks et est en rupture de… carsadillas ! Je regarde pour me consoler aussitôt la traduction… 🤤🤢😨😰

OUF nous avons échappé à de la… cervelle de taureau ! Argggh

Nous faisons l’impasse à regret sur le sud ouest de l’Andalousie avec l’envie d’y revenir prochainement pour une plus longue exploration, tant culturelle l’historique tant les provinces de Cordoba, Huelva et Sevilla regorgent d’attraits !

Nous survolons également la Costa del Sol après avoir traversé la pointe nuageuse de Gibraltar et auparavant les plages de carte postale (mais impraticacles en raison des tempêtes de sable qui y soufflent en permanence à cause de l’exposition du paysage aux fronts marins) de l’extrême sud…

… pour poser nos quartiers dans la province de Granada.

1ere étape côtière dans les abords de Motril.
Nous mettons du temps à comprendre ce que signifient ces flans de montagne pelés littéralement recouverts de plastique… la région très aride a fait le pari réussi (mais douteux esthétiquement et écologiquement parlant :-/) de devenir une des principales production de fruit et légumes du pays en se dotant de serres… Le résultat est très surprenant et chaque centimètre est exploité.

Mais après avoir été refusés dans un petit camping plutôt aux abords simplets et familial à cause des chiens, nous dénichons par chance un camping qui accepte de faire une entorse à l’interdiction en vigueur sur toute la côte… Et quelle belle trouvaille ! Comme le hasard fait toujours bien (mieux) les choses, nous sommes conquis par ce recoin côtier de Motril, lui aussi encore désert et apparemment plébiscité par des seniors fidèles, locaux et étrangers, à en juger par les liens tissés par la clientèle avec le personnel et le nombre d’emplacement de caravanes à l’année…


Nous passons là quelques jours tranquilles pour faire le plein de sable et de farniente.

Tout le monde est heureux de se reposer !

Coup de gueule extra-scolaire…

Comme de par hasard, je venais plus tôt dans la journée de vanter le sérieux de la petite association de danse de campagne de notre ainée… je ne croyais malheureusement pas si bien dire, puisque les profs frôlent l’inflammation de chevilles !!!!

Je suis en train de découvrir atterée la suite des consignes de 4 pages (partie 3 sur 4… suspense pour le volet maquillage et coiffure) pour le spectacle de fin d’année… j’en ai des sueurs froides d’avance !🤤😵😰 :

– non seulement l’ensemble des élèves (dès 4 ans) doit jouer les 3 représentations 3 soirs de suite (vendredi, samedi et dimanche), rester toute la durée entière du spectacle, arriver 1 h avant,
– non seulement pas le droit aux poussettes ni enfants sur les genoux pour les spectateurs (bon ok je me débrouillerai pour pendre Emilie à mon sein sans qu’elle touche mes jambes)
– mais en plus il y a répét le mercredi 1h plus tôt que son cours normal (c’est bien connu tout le monde est dispo n’importe quand hein….)
– et c’est pas fini ! le jeudi repet générale puis filage de 17h à……….. 20h30 🤓🤔 (et encore la nôtre n’aura pas sa journée d’école dans les pattes) !!!!

Arrgghhh 😲😲😨 c’est à dire 5 jours de suite à manger de la danse pour les petits bouts…. de quoi les dégouter jusqu’au bout des doigts de pied ma parole !!!!!

Si on sèche je le vois d’ici, on est grillés pour l’an prochain et en plus on met toute l’orga du spectacle par terre puisqu’ils mélangent tout le monde et font des binômes… Ben voyons.

…. ah j’oubliais : on doit abandonner nos enfants à l’entrée du complexe et les attendre jusqu’à ce qu’ils soient éjectés à la sortie arrière puisqu’évidemment on ne peut pas se payer le luxe d’assister aux 3 spectacles, qui coûte une fortune ! Obligés de faire croire à Maddie que l’on sera des parents émerveillés au fond de la salle à la regarder sinon elle refuse d’y participer les 2 autres soirs…. 😭

Arfff chui bete j’oubliais : faut faire des gâteaux mis en vente et en plus acheter les photos de groupe ET le DVD du spectacle…

Aller viens choupette on sèche et on retourne se gaver de churros au parc Guëll, flâner dans notre librairie preferée pour s’instruire avec le plus grand des sérieux (faire un zoom sur la photo ;-)) et faire des châteaux de sable seuls au monde en Andalousie !!!!

Un rythme de croisière…

Comme à notre habitude notre petite meute n’est pas du matin ! Pires qu’un diesel nous nous mettons sans AUCUNE difficulté à l’heure espagnole 🙂

Comme à notre habitude encore, nous ne passons pas inaperçus avec notre joyeux et lunaire équipage (comprenez encombrant et bruyant…)

Et bébé lutin fait fondre le coeur des espagnols… il n’est pas rare que les femmes plus âgées nous la volent même des bras pour la gagater !

Après quelques pauses culinaires pratiques nous ressentons le besoin de cuisiner et nous gaver de légumes ! Dans les grandes villes c’est agréable, on trouve des supérettes de fruits et légumes a chaque coin de rue… c’est la qualité du pain qui nous fait défaut.

Heureusement l’équipement que nous avons embarqué nous est utile, même en bungalow ou appartement car il manque toujours quelque chose… Les filles nous font faire un tourisme culinaire et nous avons l’impression plutôt très réaliste de nous arrêter à chaque coin de rue pour picorer…

Nous n’en oublions pas les apprentissages informels, entre nature et mathématiques, à n’importe quelle heure… :-/

… Et les jeux ! Nous avons la sensation de fréquenter toutes les aires de jeux pour enfants du pays… il faut dire qu’il y en a absolument partout, mélangées à des structures mécaniques de musculation.

Les enfants s’adaptent assez bien aux changements de lieux, tant qu’on respecte leur rythme, et une fois qu’on a compris qu’on irait plus doucement, c’est tout de suite plus simple 🙂

Chambre avec vue… Espagne, 1ere partie

Ralentis par des connexions wifi trop faibles et beaucoup de photos a mettre ici… voici le bilan de notre 1ere semaine de road trip !

Jour 1 – vendredi 21 avril :

Ca y est ! On y croyait plus mais on a réussi à tout boucler. Pas si facile de partir sans rien oublier… 1 mois sur les routes, ça nécessitait de se creuser un peu les méninges 😉

Enfin… Il nous aura fallu tout de même la journée ! Ralentis par cette canicule soudaine que nous ne pensions trouver qu’en Espagne, nous avons réussi l’exploit de vider notre frigo et notre congélateur intégralement, donner les instructions pour le petit chat et sa gardienne, et tout charger dans MITCHOOKA notre multivan.

Quelques aperçus de notre organisation complètement improvisée :

Un meuble de ma fabrication, pour avoir du sur-mesure, après avoir étudié en vain l’ensemble des meubles IKEA existant… les tiroirs s’appellent tout de meme Trofast (Ça dépanne !). Pour pouvoir abaisser la banquette il nous fallait une partie fixe assez basse (seulement 37cm…)

1ere nuit : Étape dans le marais poitevin ! On passe pour la première fois en vrai la voiture en mode ‘nuit’. Nous avions tout répété, tout tient au cordeau… Ce sont les sièges auto qui sont vraiment contraignant car il faut les décrocher pour basculer la banquette, d’excellente qualité au demeurant 🙂 et puis ensuite il faut faire du tetris sur les sièges avant pour tout caser…

2e inconvénient, de ‘taille’, c’est le cas de le dire : Papa ne tient pas en longueur car il s’agit d’une banquette courte et de format carré une fois dépliée. Parfaite pour moi et les 3 filles… Grand Chef utilise le siège mobile de la rangée centrale tourné dos à la route pour s’allonger à la quasi horizontale… et étendre ses jambes sur notre banquette.

Nous n’avons volontairement fait aucun aménagement intérieur car le véhicule nous semblait avant tout utile pour un usage quotidien et non pour voyager ! Pas d’électroménager, de tente de toit, de rideaux ou autres équipements campeur… pas le choix avec 3 enfants dont un nourrisson qui voyage encore dans son cosy sur le siège passager avant !

Les filles ont toutes les 3 dormi comme des bébés !

Le weekend aura été une étape frontalière avec la visite de ma famille qui nous attendait de pied ferme…

Ce n’est que lundi après midi que nous passons la frontière… pour s’y arrêter aussitôt afin de vérifier notre clé 3G et sa carte Sim toute neuve. Et là… ce qui ne devait être qu’une rapide pause sur un parking en bord de route s’est transformé en après-midi d’errance, entre échanges ubuesques avec le service client de SFR et divers noms d’oiseaux… bref nous voilà retournés à San Sebastian pour faire l’acquisition d’une clé ET d’une carte Sim locales…

La soirée avançant nous nous dirigeons vers les montagnes mais les propositions de l’application Park4Night déjà rodée par le passé (mais forcément beaucoup moins adaptée à des utilisateurs de van) ne se révèlent pas concluantes pour l’harmonie familiale… nous voilà donc à filer sur les routes en lacets en plein brouillard et crépuscule pour rejoindre un parking de nuit occupé certes par de nombreux camping car et van mais peu engageant… il vaut mieux donc pour tout le monde oublier cette étape de la honte (autant notre dîner que le déménagement en catimini pour nous coucher…) 😀

Rongés par le stress, le froid qui nous poursuit, la logistique et le manque de temps de travail, nous faisons étape sans une réserve naturelle en camping (1 équipe dormira dans la tente, l’autre dans le van). Mais là encore l’humidité et la logistique dans ce froid, et aussi avouons le, l’absence quasi totale de réseau aura raison de nous…

Une nouvelle journée donc sans vrai moment de détente ni découverte à remettre à plats nos exigences respectives et faire la part des choses (tournure fleurie pour paraphraser de bonnes engueulades comme nous en avons le secret ici..).

Bref… nous adoptons une nouvelle stratégie : nous dormirons désormais en ‘dur’ pour refaire le plein de bonnes ondes…

Voici enfin un meilleur rythme !

Nos premières étapes :

  • Le Pays Basque et Navarre que nous aurons survolé, donc, mais qui nous aurons donné un bon aperçu des reliefs et paysages agricoles…

  • Puis la Rioja, vallons de vignobles et cultures, notamment de colza, ses chemins vers St Jacques de Compostelle, Burgos, et ses montagnes aux cimes enneigées…
  • Castilla y Leon, et maintenant ses plaines et champs d’éoliennes, avec des excursions dans les villes fortifiées d’Avila et Segovia, mais aussi la moins connue Tordesillas ou nous avons séjourné et découvert cette ville lieu de signature du traité portugo-espagnol de partage du Nouveau Monde à l’époque des grands explorateurs

    • L’Estremadura, méconnue, préservée et majestueuse, qui nous plait au premier coup d’oeil par la visite de Salamanca, riche ville de culture et de savoirs… Puis l’entrée dans la chaîne montagneuse et enneigée du centre du pays, qui se prolonge jusqu’au nord de Madrid, les rives du Taje qui poursuit sa course vers le Portugal tout proche…

    Viva España !

    Whaouuuhhhh !!! J-2 avant une nouvelle grande aventure…

    Ah oui, c’est vrai, je ne vous ai pas dit ;-P on part faire un road trip en Espagne !!!!
    Notre 2e grand voyage en famille après un tour de la Bretagne que nous avions effectué en camping car de location il y a 2 ans.
    L’aventure ne nous avait que moyennement emballé avouons le, contraints par la logistique infernale que représente un tel engin…
    Tentative plus light donc, que nous avons (un tout petit peu) préparé au fil des semaines !
    Mais… un rapide flashback après cette absence ici sur notre blog… pas que je n’aie rien eu à y raconter bien au contraire, hein !
    Après 2 ans de tentatives de jonglage forcené entre entreprenariat et vie de maman, nous (j’ai pris) un virage décisif et à 90° comme d’habitude, en choisissant de me consacrer entièrement à l’option famille. Ce qui signifiait pour moi voir nos enfants grandir, mieux les accompagner au quotidien et suivre tout droit le chemin que nous avions initié il y a quelques années déjà en plongeant dans notre vie de parents, en mangeant mieux et en vivant plus doucement… Et par conséquent s’affranchir aussi de l’entrave que représentait l’école !

    Pour expliquer cela autrement : j’avais 2 superbes enfants que je voyais grandir sans trop savoir comment me positionner, tiraillée sans arrêt entre l’envie (le besoin) de réaliser un rêve professionnel de longue date, et un autre truc sorti de mes tripes qui me hurlait de prendre du temps, pour ma famille. J’étais aussi devenue (de mon plein gré), responsable des parents d’élèves d’une école menée par une folle. De quoi avoir un aperçu des plus noirs de l’éducation Nationale, en mettant le bout de mon nez dans ses arcanes qui ont fini de me dégouter du système scolaire à la française.

    Plein de sentiments mêlés dans mon petit crâne, des envies fortes de les partager, les faire comprendre, mais pas une seconde à moi. Et surtout une situation inextricable et épanouissante pour aucun de nous…

    Le coup de gueule de la bloggeuse Maman Débordée qui m’avait fait sourire il y a déjà près d’un an fait bien écho à ce qui fait l’essence même de mes écrits ici…

    Bref, nous avons sauté à pieds joints ! Et notre tour de Bretagne en septembre 2016 marquait notre 1ère non-rentrée et le début de l’aventure de l’instruction en famille.

    Une année riche en rencontres, apprentissages informels et retour d’un rythme plus physiologique pour tout le monde ! Pour les filles, j’ai mis volontairement le paquet sur la sociabilisation ; nous n’avons jamais autant côtoyé de personnes que depuis l’école ‘à la maison’.
    D’école il n’y a eu que peu de formel voire pas, de maison pas tant que ça non plus !
    Et puis, au milieu d’une recherche un peu cahotique et précoce d’un rythme de croisière, une 3e petite fille a rapidement pointé le bout de son nez l’année suivante 🙂
    Et avec elle le besoin de reconstruire notre nid encore un peu plus au vert.
    Installés depuis près d’1 an déjà dans la campagne nantaise, nous avons aujourd’hui enfin trouvé, je crois, notre rythme!
    Instagram (là, en bas a droite) m’a heureusement permis de continuer le fil de ces aventures du quotidien grâce à l’image, qui me semblait moins chronophage…
    Mais maintenant, je sais que je ne serai plus seule pour raconter nos aventures, nos explorations ! Les filles ont bien grandi et nous profitons de cette liberté que nous considérons toujours comme un luxe que nous nous offrons. Rien n’est gratuit ! Mais je peux dire avec certitude qu’elles sont, je pense, des petites filles épanouies, sociables, confiantes et qui savent exprimer leurs besoin et leurs sentiments.
    Ce nouveau voyage est donc en quelques sortes le point de départ d’une nouvelle étape… Peut être aussi le dernier itinéraire que nous ferons tous ensemble loin de la maison, nos deux compagnons de route poilus n’étant plus très jeunes… chacune ayant des milliers de km dans les coussinets !
    Un défi aussi pour Papa qui est son propre patron depuis 5 ans déjà ; prendre un peu de distance pour exercer à un rythme plus doux pendant cette période de pause exceptionnelle, tester un rythme en pointillé pour valider sa pertinence et peut être renouveler l’expérience de vadrouiller de temps en temps plus sereinement…
    Notre objectif secret ? Fêter nos 10 ans de mariage aux États Unis, sur les traces de notre voyage de noces… durant 3 mois, sur les routes d’Est en Ouest.
    En route !

    Ma si chère Petite Madeleine de Proust !

    Qui dit Noël, dit marché de Noël, et thé aux épices. C’est juste obligatoire… Mais dangereux ! Là, comme ça sans prévenir, en passant dans ma cuisine, je viens de me faire attaquer par une odeur persistante issue d’un fond d’infusion de thé abandonné dans l’évier.
    Pourquoi l’éveil des sens fait-il ressurgir si brutalement certains souvenirs ? Les petites madeleines, ça ne prévient pas !

    Ça n’est pas la première fois, et pourtant à chaque fois je me fais avoir : une de mes petites madeleines à moi, c’est le gingembre. Il me transporte invariablement tout droit vers le passé, plus exactement en février 2012 !

    Cela semble tortueux comme résonnement de la part d’un cerveau, mais à l’époque nous étions invités en Inde, à l’occasion du mariage traditionnel d’une amie dans le nord du Rajasthan… Alors ce premier voyage en terre inconnue m’a laissé une double trace, tout à fait INDÉLÉBILE.

    L’Inde en soit, c’est déjà bien plus qu’un voyage, à tout point de vue. Un vrai coup de poing dans le ventre à vous couper le souffle, pour ceux à qui cette découverte parle… Des coutumes du quotidien qui ne ressemblent à aucune de celles de notre monde aseptisé et moderne, des croyances que nous ne pouvons décemment pas tout à fait comprendre, mais aussi des couleurs, des odeurs qu’une mémoire olfactive et visuelle ne peut jamais jamais jamais ja-mais oublier. Et bien sûr un sentiment tout emmêlé de fascination, de rage, d’incompréhension et de tristesse…

    Évidemment, comme c’était encore trop banal, le hasard s’est mêlé de ce périple si différent, puisque quelques heures avant notre départ de Paris nous apprenions la bonne nouvelle, mon mari et moi. Mi-amusés, mi-inquiets, nous regardions les 2 barres d’un test de grossesse attestant qu’un petit têtard grandissait au fond de mon ventre, alors que l’on apercevait encore dans le creux de mon bras la trace de piqûre des rappels de vaccins réglementaires et indispensables à une immersion en terre inconnue et biologiquement hostile à nos pauvres petits corps d’européens affaiblis.

    « Hum, sympa c’est malin ! Qu’est-ce qu’on fait ? On y va quand même ? » Un peu hébétés, il nous a fallu un 2ème test de grossesse acheté dans une pharmacie de l’aéroport de Roissy et sa mise en pratique dans notre chambre d’hôtel à Delhi pour prendre vraiment la mesure de cette nouvelle étape de vie qui s’imposait, dans un décor plutôt inattendu…

    Alors pendant 15 jours, nous avons vécu l’Inde comme nous ne l’aurions jamais vécu sans ce tout petit détail (enfin, surtout moi), avec un multiplicateur de sensations et d’émotions !

    Mon nez ne s’en est toujours pas remis, la preuve… et la nausée qui m’habitait alors quotidiennement ne sait toujours pas si elle prenait son origine dans mes découvertes extérieures ou intérieures. Tous les jours de ce néanmoins superbe voyage, je construisais un bouclier autour du petit fœtus que j’abritais, et je nourrissais une haine féroce contre ce pays qui m’agressait de sensations beaucoup trop brutales pour moi. Le comble : j’étais en excellente forme et invincible à toute intrusion microbienne, pendant que monsieur vivait à mes côtés une réinitialisation totale de sa flore intestinale…

    Alors pendant que nous parcourions le Triangle d’Or, j’ai passé mon temps à guetter des valeurs culinaires sûres sur le bord des routes (Pizza Hut, Mc Donald’s ou autre temples de la malbouffe pour ne pas les citer) pour étancher ma faim et compenser mon incapacité à ingérer le moindre plat local, le tout dans l’incompréhension totale de notre groupe d’amis qui me prenait pour une emmerdeuse gloutonne, il faut le dire. C’est bien la première et la dernière fois que j’ai faisais un caprice pour exiger une margarita à l’autre bout du monde…

     

    Les odeurs perçues par la maman peuvent-elles influencer le bagage olfactif d’un futur humain à l’état embryonnaire ? Je n’en sais strictement rien ; mais j’ai hâte de le découvrir avec celle que je vois maintenant grandir chaque jour à mes côtés et que j’ai sans le savoir si justement nommée…

    Merci à Nadoo pour la découverte de ce thé de Noël, grâce à toi, je replonge dans de si doux souvenirs 🙂


     

    Pour aller plus loin :

    La génèse du passage de la Petite Madeleine chez Marcel Proust (d’abord pain grillé, puis biscotte)

    Du côté de chez Swann

     

     

     

    Le beau château est tout cassé

    Depuis 1 semaine déjà, les cloches ne rythment plus nos journées…
    Le toit le plus sacré de notre cher quartier n’est plus.
    D’où que nous soyons, nous apercevons tous les jours les poutrelles carbonisées et béantes de la Basilique de St Donatien.

    StDonatien_incendiejuin152015Comme un coup du sort, cela faisait plusieurs semaines que je promettais à la grande en rentrant de la crèche que nous allions bientôt prendre le temps de gravir les marches du porche et passer la belle porte rouge pour visiter l’intérieur de ce beau « château ». Bientôt, quand nous n’aurions pas la grosse poussette de petite soeur, et pas les toutous.

    Pas que nous soyons des paroissiens nantais modèles, ni même des pratiquants ! Nous sommes mêmes totalement athées. Mais le monument fait bel et bien partie de notre quotidien, nous tournons autour, et surtout, nous l’écoutions du matin au soir sonner les heures, et les quart d’heures…

    Depuis 7 jours, une pâle cloche de secours a pris le relai. Elle se fait toute discrète, comme si elle se sentait gênée de devoir remplacer sa titulaire, sans doute mise au repos par sécurité, ou abîmée par l’épreuve du feu. Les cadrans des tours ne sont plus synchros, et les passants lèvent la tête, consternés par l’ampleur des dégâts.

     

    Pourvu que la belle ne s’enrhume pas…

    Doudou, un conte au grand air

    Pour notre première excursion à la bibliothèque, nous avons eu la main heureuse ! Quelle belle découverte visuelle.

    Un univers qui en seulement quelques doubles pages nous transporte dans les plaines britanniques. Une petite troupe lâchée dans la nature, des enfants, un chien bien sûr. Des petits bonheurs simples !

    Doudou_RuthBrown_LaPetiteMeutedeLili

    Des silhouettes tout en mouvement, croquées à l’aquarelle avec une précision et un réalisme magnifique. Il n’y a qu’à se plonger dans les planches pour entendre la petite fille pleurnicher et baver, les herbes hautes siffler, et pour sentir l’odeur du chien mouillé et de la bouse de vache. Les tenues sont un clin d’oeil à une époque lointaine et douteuse de nos adolescences en mode camouflage. Doux souvenirs !

    Aller, je me permets un gros plan sur la gueule du compagnon d’aventure… Avec son air un peu triste et l’œil rivé sur ses petits maîtres, mi-blasé mi-inquiet, il a tout d’un vrai.

     Doudou_RuthBrown_chienA seulement 2 ans (« et demie, maman! »), c’est un des coups de cœur de l’aînée pour les temps calmes et la rêverie !

    > Lire « Doudou » maintenant